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Grande Pologne

Wielkopolska (Grande Pologne), région historique occupant l'ouest et le centre du pays, est située dans le bassin de la Warta, de l'Oder moyen et de la basse Vistule. C'est la plus ancienne région de Pologne, on peut y trouver de nombreux témoignages des débuts de l'Etat polonais. Malgré tout son intérêt, elle est moins visitée par les touristes que les régions les plus connues de Pologne, les Tatras ou la Mazurie. Pourtant, de nombreuses villes et villages en abritent les trésors inattendus : des manoirs appartenant jadis aux familles nobles de la région, des palais entourés de superbes parcs, des vieilles églises, des skansen et des réserves archéologiques.

La capitale de la région, Poznan, jouit d'un grand prestige auprès des touristes (surtout pendant Les Foires Internationales). Poznan regorge de souvenirs historiques et de monuments architecturaux précieux. Il faut également visiter la ville de Kornik, avec son magnifique château et ses splendides jardins, se rendre à Gniezno, première capitale de la Pologne, et Biskupin, qui est une reconstitution d'un village fortifié de l'époque de l'Age du fer. Ceux qui, outre l'histoire, aiment également la nature, y trouveront des lacs et des forêts, des poissons et des champignons.

Le nom de "Wielkopolska" est en usage seulement depuis les XIVe et XVe siècles. On la nommait " grande " ou " ancienne " Pologne pour souligner qu'elle était le berceau de l'Etat polonais. Auparavant cette région, habitée par la tribu des Polanes, était tout simplement appelée " Pologne ". Les villes fortifiées de Kruszwica et de Gniezno ont fait leur apparition entre le VIIe et le Xe siècles; celles de Poznan et de Kalisz un peu plus tard. La Grande Pologne était le centre du royaume de Mieszko Ier et de Boleslas le Vaillant, et Gniezno était capitale de la Pologne. Cette époque faste prit fin vers la moitié du XIe siècle, lorsque Casimir le Rénovateur transféra la capitale à Cracovie.

L'histoire de la région fut assez mouvementée pendant les siècles qui suivirent. Poznan, située au carrefour des grandes voies commerciales d'Europe, s'est épanouie et devint un des plus grands centres urbains d'Europe. Le XVIIe et le XVIIIe siècle furent des siècles de guerres, de dévastations et de décheance pour de nombreuses villes et villages de Grande Pologne. Puis vint l'époque du démembrement de la Pologne, et plus de cent années de domination prussienne et de germanisation sinistre. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région fut incorporée au IIIe Reich sous le nom de Wartegau ("Pays de la Warta"). Les habitants souffrirent de terribles persécutions (déportations, exterminations). En 1945, la Grande Pologne fut réintégrée au pays.

La Nature : Les lacs, les chênes et la Warta

Le paysage de la Grande Pologne est dominé par de vastes champs. Ceux qui aiment les paysages calmes et les grands espaces s'y sentiront à leur aise. Celui-ci est pratiquement plat et la plus grande élévation de terrain, Kobyla Gora près de Ostrzeszow, ne compte que 284 m de hauteur, tandis que le point le plus bas se trouve dans la partie occidentale de la vallée de la Notec (29 m).

Les deux principales rivières de la région, la Warta et la Notec, se dirigent vers l'ouest et traversent la région en formant de vastes vallées où poussent des joncs. La plus grande concentration de lacs est située dans la partie nord de la région (région lacustre de la Grande Pologne). Les plus grands espaces forestiers se trouvent au nord-ouest de Poznan, dans la Forêt Notecka, entre les cours de la Warta et de la Notec.

Les plus beaux paysages de la région sont protégés à l'intérieur de deux parcs nationaux : le Parc National de Grande Pologne, créé en 1957 (7584 ha), et Le Parc National Ujscie Warty (7955 ha), ouvert le 1er juillet 2001 (le plus récent parc de Pologne).

Le premier d'entre eux, situé au sud de Poznan, joue pour les habitants de la ville un rôle comparable à celui qu'a la Forêt de Kampinos pour les habitants de Varsovie : ce sont les poumons de la ville. Les forêts (pinèdes, forêts de pins et de chênes) occupent la plus grande partie du parc. Il y a également des plantations de chênes, mais aussi des forêts de chênes et de charmes. Il y pousse plus de mille espèces de plantes, mousses, et algues. Parmi elles, on rencontre des espèces rares, quoique facilement reconnaissables, telles que le lys d'or, la rose de mer blanche, l'anémone, la pulsatille et le muguet. Le borealis de linneae, plante d'origine glaciaire, y pousse également.

Les forêts sont peuplées par un grand nombre d'animaux. On peut sans difficulté voir des cerfs, des chevreuils et des sangliers, et avec un peu de chance, on peut admirer les ébats des loutres et des castors. Les oies sauvages s'arrêtent sur les bords du lac Goreckie. Il y a également des espèces menacées de disparition : les alouettes des champs, les tourterelles et les grues, les merlans et les éperviers.

L'étendue du parc est souvent appellée skansen postglaciaire. Le terrain a été formé par le glacier scandinave qui couvrait de son armure de glace le nord et le centre de la Pologne. Il s'est retiré en laissant un relief typique, avec des auges profondes, des buttes morainiques, des plaines de moraine, des kames et des osars. Onze lacs de formes différentes se côtoient sur le terrain de ce petit parc. Le Lac Goreckie et les forêts qui l'entourent sont protégés, et avec raison, car c'est certainement un terrain magnifique.

Près de Rogalin se trouve un parc connu pour les magnifiques chênes qui y poussent.

Le Parc National Ujscie Warty (Embouchure de la Warta), est situé, comme son nom l'indique, à l'endroit où la Warta se jette dans l'Oder. La rivière sépare la région en deux parties : la partie sud (réservoir de rétention de Kostrzyn) et nord (Polder du Nord). Le paysage du Parc est composé de champs, périodiquement inondés, de saulaies, de tranchées, de canaux, d'anciens lits de rivières et, plus rarement, de routes et de digues.

Le Parc a été crée pour préserver l'une des plus grandes réserves d'oiseaux d'Europe. Des centaines d'hectares de champs, périodiquement inondés et pratiquement inaccessibles, sont un véritable refuge pour les oiseaux de tourbe et de marais. Il y a là environ 245 espèces, entre autres des cygnes, des combattants, des mouettes, et des hirondelles de mer, quelques espèces de canards et de grèbes, des cormorans et des oies. Selon le classement de BirdLife International, 26 espèces d'oiseaux vivant dans le Parc National sont menacées de disparition. Parmi eux, les grues, les butors, les bécasses, les râles et les hirondelles de mer noires.

Lors des migrations d'automne, plus de 200 000 oiseaux s'arrêtent dans l'embouchure de la Warta pour y passer la nuit. Lorsque les d'oiseaux prennent leur envol le matin pour chercher leur nourriture dans les champs et lorsqu'ils reviennent le soir, ils couvrent de leurs ailes l'horizon presque entier. En dehors des espèces courantes, des oiseaux rares ou exotiques s'y arrêtent parfois: le héron, l'oie du Canada et l'oie du Tibet.

Les mammifères sont également nombreux. On y rencontre des loutres, des castors, des martres du Canada, des ragondins, des chiens verrins, des martres et des hermines. Les eaux abondent en écrevisses et aussi en poissons, brochets, sandres, anguilles ou carpes.

Etant donné la récente création du parc les possibilités de visite sont encore restreintes. Pour le moment, la meilleure solution est de le visiter à pied, en suivant les chemins menant le long de la rivière. Du côté nord de la Warta, il y a d'excellentes pistes cyclables. La base hôtelière se développe rapidement : il y a des hôtels dans toutes les petites villes et, dans les villages, on peut loger chez l'habitant. En tout cas, l'endroit mérite un arrêt: outre les attraits de la nature, les visiteurs peuvent faire un safari-zoo à Swierkocin et visiter le jardin des... sens.

La Grande Pologne possède beaucoup de réserves naturelles et de parcs paysagers. Le plus bel endroit de la vallée de la Warta est protégé par le Parc Paysager Nadwarcianski. La vallée de la Warta est limitée par des rives souvent hautes et abruptes. Le paysage est composé de prés, souvent inondés, de pâturages et de champs cultivés que survolent des oiseaux de toutes les espèces. Le parc a été inscrit en 1995 sur la liste de la Globally Important Bird Areas (sites d'oiseaux de renommée mondiale).

La Forêt Notecka s'étend sur les terrains vallonnés entre la Narew et la Warta. C'est un des plus grands espaces forestiers de Pologne (135.000 hectares). La forêt, en majorité une pinède, mesure une longueur de 100 km et pousse sur des dunes. Les vents ont formé des digues en forme d'arc et de hautes dunes avec des sables mouvants.

VILLES ET SITES : ANCIENNES VILLES ET ANCIENS VILLAGES FORTIFIES

Poznan : le calme des monuments et l'animation des foires

Poznan n'a rien à envier à la beauté de villes polonaises millénaires, comme Cracovie, Gdansk ou Torun. Elle dispose de tous les atouts : une vieille ville pleine de charme, de très beaux monuments, des sites exceptionnels, des endroits retentissants des voix d'étudiants, des pubs, des clubs et des cafés qui permettent de mener une vie nocturne animée.

Poznan est la plus grande ville de la région. Il y a mille ans, c'était l'un des endroits les plus importants de l'Etat polonais naissant qui jouait, à côté de Gniezno, un rôle de capitale. La plus ancienne partie de la ville, Ostrow Tumski, est une île baignée des deux côtés par les bras de la Warta, reliée par des ponts au reste de la ville. En les traversant, on a l'impression de franchir une frontière invisible, car l'ambiance d'Ostrow diffère énormément de l'animation qui règne dans les quartiers modernes. L'île est comme un petit village écclésiastique. C'est ici que s'élève la cathédrale bâtie entre le XIIIe et le XVe siècle, qui a remplacé l'église romane construite dans la seconde moitié du Xe siècle. Les premiers souverains de la Pologne, Mieszko Ier et Boleslas le Vaillant, y ont leur sépulture.

Mais c'est Stary Rynek (la vieille place du marché) qui est le véritable cœur de la ville. Elle est entourée de maisons historiques, en grande partie datant du XVe siècle, dont les façades, reconstruites après la Seconde Guerre mondiale, sont illuminées le soir et constituent la véritable carte de visite de la ville. Le Rynek est presque toujours rempli de monde, résonnant de voix et de musique. Comme dans les temps anciens, c'est ici que l'on traite d'affaires. Les banques, les entreprises, les bureaux des courtiers ont leur siège dans les maisons qui entourent la place. Les restaurants sont ouverts toute la journée et les cafés sont illuminés jusqu'au petit jour. Les antiquaires, les propriétaires des galeries d'art et les artisans ont choisi de s'établir dans les rues avoisinantes.

Ratusz (l'hôtel de ville) se distingue parmi les bâtiments de la vieile ville. C'est peut-être le plus beau bâtiment laïc de la Renaissance dans cette partie de l'Europe. Les touristes s'y donnent rendez-vous à midi pour admirer les célèbres petits boucs de Poznan, qui, grâce au mécanisme de l'horloge, se donnent des coups de cornes. Les premiers boucs ont fait leur apparition sur l'horloge de l'hôtel de ville en 1551, et la dernière paire a été installée en 1993.

Le Lac Maltanskie

est sans aucun doute un des grands attraits de la ville ; c'est un réservoir artificiel de 65 hectares, un centre de sports nautiques fort connu (Championnats du Monde de Kayak, 1990), disposant des équipements les plus modernes. Le centre de ski Malta-Ski se trouve a proximité. Il y a là une piste de luge et, sur le lac, une piscine. Un zoo se trouve dans le voisinage (Poznan est la seule ville de Pologne à posséder deux jardins zoologiques). Il compte parmi les plus grands et les plus beaux du pays. Les animaux (environ 140 espèces) y vivent dans des conditions proches de leur milieu naturel.

Les Foires Internationales de Poznan sont devenues le symbole de Poznan. Chaque année, sur les terrains appartenant aux foires (450 000 m2) se déroulent des dizaines de foires spécialisées pour les principaux secteurs de l'économie, elles accueillent des milliers d'exposants et plus d'un demi-million de visiteurs. Certaines d'entre elles font partie des meilleures expositions européennes.

Gniezno : la première capitale de la Pologne

Gniezno occupe une place particulière sur la carte de la Pologne. Presque tous les monuments de la ville ont un lien avec les débuts de l'Etat polonais. Le plus ancien bourg y a été fondé au VIIIe siècle. Les historiens estiment que c'était un lieu de culte de Nyja, une des anciennes divinités slaves. Le bourg s'est rapidement transformé en puissante ville fortifiée, la plus importante de la Grande Pologne à l'époque des Piast. Les remparts, élevés avec du bois et de la terre, mesuraient 10 m de hauteur.

La légende veut que la ville ait été fondée par Lech. Avec ses frères Czech et Rus, il parcourait la région en cherchant un endroit pour s'y fixer. Ils sont arrivés un jour près d'un lac, ou poussait un chêne monumental avec un nid d'aigle dans la cime (d'où le nom Gniezno, de gniazdo, nid). L'endroit a enchanté Lech qui l'a choisi pour en faire sa patrie. Depuis le Xe siècle, c'était l'un des plus grands centres administratifs du pays, et le premier roi de Pologne, Boleslas le Vaillant y a été courronné en 1025 ; quatre autres souverains y ont été sacrés.

La ville est un lieu connu de culte de saint Adalbert. La tradition en fait le lieu de sa sépulture et c'est les pélerinages sur son tombeau qui l'ont rendu célèbre. Parmi les pélerins les plus connus, il faut compter l'empereur allemand Otton III qui s'y rendit en l'an 1000. En 1994, la Congrégation pour le Culte de Dieu et du Sacrement a attribué à Gniezno le titre de Ville de Saint-Adalbert. Elle fête son patron le 23 avril, avec des cérémonies religieuses et une grande kermesse sur la place du marché.

Les monuments les plus importants de Gniezno se trouvent sur le mont Lech. C'est ici que s'élève la cathédrale, l'une des plus connues de Pologne. Mieszko Ier y construisit le premier temple en 996 et, trois années plus tard, on y placa le corps de saint Adalbert. Le cercueil en argent contenant ses reliques se trouve dans le presbytère. C'est ici que se déroulaient les cérémonies du couronnement. Dans les fondations de la cathédrale se trouvent les vestiges des églises qui ont successivement remplacé l'église de Mieszko. Les débuts de la cathédrale actuelle datent de la première moitié du IVe siècle. Cette basilique gothique possède trois nefs et 14 chapelles. L'église est dominée par deux tours, particulièrement imposantes le soir, lorsque la cathédrale est illuminée.

Outre le sarcophage de saint Adalbert, la cathédrale est reputée pour sa Drzwi Gnieznienskie (Porte de Gniezno), executée en bronze et située dans l'ancienne entrée principale, près de la tour sud. Cette porte aux battants irréguliers et haute de trois mètres a été construite vers 1175 par les artistes de la ville. 18 scènes y représentent la vie de saint Adalbert. L'entrée est également décorée par un superbe portail gothique avec des scènes du Jugement Dernier.

Les environs de Gniezno sont également intéressants. Lednicki Park Krajobrazowy (Le Parc Paysager de Lednica) a pour mission non seulement de protéger la nature, mais également de nombreux postes archéologiques et ethnographiques. Il comprend le Parc Ethographique de la Grande Pologne, un des plus grands skansens de Pologne. On peut y admirer des maisons paysannes originales et des gentilhommières du XVIIe et du XIXe siècle. Une place ovale se trouve au milieu. Certaines de ces demeures abritent des ateliers d'artisan: un coordonnier, un charron, un sellier. Les maisons sont entourées de jardins, d'enclos et de vergers, ce qui les rend plus authentiques. Le skansen est surtout intéressant en été, lorsque fleurissent les mauves et que les arbres sont couverts de fruits. Sur une colline au dessus du lac on peut apercevoir un groupe de moulins, avec du mobilier d'origine. Dans le skansen sont organisées chaque année des manifestations culturelles. Celle qui mérite le plus d'attention, c'est Le Skansen Vivant, organisé au mois de juin. Ce jour-là, le village s'anime : les femmes vaquent à leurs travaux ménagers, les paysans s'occupent des bêtes et les artisans travaillent dans les ateliers.

Kornik : la résidence et le jardin

Kornik est un des endroits les plus visités de la Grande Pologne. Les touristes s'y rendent avant tout pour visiter le superbe château et son arboretum. Beaucoup de personnes s'installent dans la ville et ses environs, car elle est éloignée de Poznan de 20 km à peine, ce qui permet aisément d'y travailler. Le climat et la nature incitent à la recherche : Kornik accueille plusieurs centres de l'Académie Polonaise des Sciences.

Les premières informations sur la ville datent de 1362. La ville a toujours appartenu aux familles nobles de la Grande Pologne. Kornik est un château dans le véritable sens du terme. Il possède même son fantôme : la Dame Blanche, qui ne se manifeste que la nuit. Ce n'est pas un édifice à caractère défensif, mais un château romantique, mis au XIXe siècle au style néogothique anglais, selon la mode de l'époque, pour ressembler aux anciennes demeures des chevaliers. La façade représentative, située du côté nord, est visible de loin, mais celle du sud, donnant sur les jardins, est également décorée. Un pont néogothique permet d'accéder au château entouré d'une fosse.

Le mobilier des salles, datant également du XIXe siècle, est demeuré pratiquement inchangé. Les motifs ornementaux des superbes planchers (chacun est différent) sont réalisés avec plusieurs sortes de bois. Les salles du musée sont décorées de meubles anciens qui représentent les différents styles et les modes choisis par les propriétaires. La Salle Mauresque abrite une précieuse collection d'armures polonaises et d'armes à feu orientales. Les amateurs de peinture trouveront à l'intérieur les toiles de grands peintres polonais et étrangers (entre autres Artur Grottger, Jan Norblin, Marcello Baciarelli), d'anciens portraits polonais et des miniatures européennes. Il y a également des collections numismatiques, archéologiques, naturelles et ethnographiques (Australie, Polynésie, Madagascar, etc.).

Il ne faut pas oublier l'arboretum, c'est-à-dire le parc, le plus grand et le plus ancien jardin dendrologique de Pologne (première moitié du XIXe). Les 30 hectares du parc sont plantés de plus de trois mille espèces d'arbres et d'arbustes européens, asiatiques et américains. Le plus ancien (environ 200 ans) est un hêtre de 30 mètres de haut. A l'entrée du parc se trouve un des plus grands et plus vieux ginko bilboas. L'arboretum se prête le mieux à la visite au printemps, lors de la floraison des magnolias, ou lorsque les feuilles changent de couleur en automne.

Biskupin : un village préhistorique

Jusqu'en 1933, les habitants de Biskupin ne pouvaient même pas supposer que les alentours de leur village deviendraient l'une des plus grandes attractions touristiques de la région. C'est alors qu'un des paysans retira une couche de tourbe sur la presqu'île qui s'avance dans le lac de Biskupin, et que l'instituteur du coin y trouva les vestiges d'anciennes habitations. C'était une des plus grandes découvertes archéologiques en Pologne.

Grâce à des études très approfondies, les chercheurs ont constaté que, dans les années 750-450 avant notre ère, un village fortifié appartenant à la culture lusacienne se trouvait à cet endroit. Le village était relativement important pour son époque et habité, à certains moments, par environ 1200 personnes. Elles vivaient d'agriculture, d'élevage et fabriquaient des objets ménagers. Le commerce était également assez développé, car le village était proche de la célèbre "voie de l'ambre" reliant la mer Baltique au bassin méditerannéen. Le village fut probablement détruit lors de l'invasion des Scythes, mais il est resté habité jusqu'au XIe siècle.

Une place et un marché se trouvaient près de la porte du village. Les planchers des maisons et les rues du village, couverts d'alluvions, étaient situés pendant des siècles entiers sous le niveau du lac (la presqu'île était à l'époque une île). Les dépôts et la tourbe formaient une excellente protection pour les légères constructions en bois. Grâce à cela, certaines parties du village ont été retrouvées dans un excellent état, 2400 années plus tard.

La reconstruction du village, menée sur la base du résultat des fouilles, occupe la presqu'île entière. Les archéologues ont tout fait pour retrouver le caractère de l'architecture et de l'atmosphère d'origine. C'est le village défensif entouré de marais le plus ancien d'Europe. Il appartient au début de l'époque de fer. L'île était reliée à la terre par un pont en bois de 120 m permettant d'accéder à une grande porte avec une tour de garde. Le village était entouré d'un réseau de fortifications d'une hauteur de 6 m, construites avec du bois, des pierres et de la terre. Une rue circulaire courait à l'intérieur et, dans 13 rangées parallèles, se trouvaient environ 100 maisons fabriquées avec des poutres en bois, dont les sommets étaient reliés entre eux. Les rues étaient garnies de rondins de chêne et de sapin. Chaque maison avait environ 80 mètres de surface et disposait d'un foyer en pierre et d'un grand lit commun pour tous les habitants de la maison (jusqu'à 10 personnes). On gardait les animaux domestiques dans le vestibule. Le toit était couvert de roseaux.

Le skansen reproduit l'atmosphère de l'époque. Dans les étables vivent de petits chevaux polonais, des vaches rousses de race polonaise, des brebis et des chèvres. On peut y voir pousser les plantes cultivées il y a 2700 années : froment, millet, orge, fève, lentilles et caméline. On peut assister à la fabrication du pain et de la céramique.

Chaque année, en septembre, des milliers de touristes se rendent à Biskupin pour effectuer un voyage de quelques milliers d'années en arrière. C'est à cette époque de l'année que se déroule une grande fête dédiée à l'archéologie. On peut y apprendre à fabriquer des vases en argile, à tirer à l'arc et à l'arbalète, faire du feu, tresser un panier, manger des plats traditionnels, naviguer dans une pirogue ou prendre un bain dans une bassine en bois. On peut également apprendre les secrets du métier d'archéologue. Les chercheurs montrent comment reconstruire un vase à partir de quelques débris, et comment déterminer son âge, à l'aide d'un morceau de bois.

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