Des mathématiciens polonais se sont distingués pendant la Deuxième Guerre mondiale. En 1932, trois jeunes mathématiciens - Marian Rejewski, Jerzy Różycki et Henryk Zygalski - ont travaillé avec le Service des Chiffres des Services Secrets polonais et ont brisé les codes chifrés de la machine allemande Enigma, malgré les améliorations qu’y apportaient systématiquement les Allemands. En juillet 1939, les Polonais ont communiqué aux alliés leurs découvertes. Après le début des hostilités, tous les trois ont réussi à s'échapper en Roumanie et ensuite en France, en emportant avec eux deux Enigma. Grâce à leurs travaux, l'Anglais Alan Mathison Turing a construit une machine extrêmement rapide et efficace, le Colossus, qui décryptait les messages d'Enigma.
L'oeuvre du groupe des savants polonais qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, sous la direction de Kazimierz Twardowski, ont formé ce que l'on appelle l'école de Lvov-Varsovie (école philosophique mondialement reconnue, au męme titre que le Cercle de Vienne ou l'école de Franz Brentano) est un apport considérable au développement de la logique. Kazimierz Twardowski a élaboré une distinction fondamentale entre le contenu et l'objet des représentations. Alfred Tarski a élaboré le concept de vérité, adopté ensuite par les philosophes du Cercle de Vienne. Kazimierz Ajdukiewicz a démontré l'existence de champs de significations mutuellement intraduisibles, travail qui a trouvé par la suite une application dans les machines de traduction d'une langue à une autre. La conception philosophique de Tadeusz Kotarbiński niait l'existence d'objets psychiques et d'événements. Il n'y a pas de pluie, il y a seulement des gouttes qui tombent ; il n'y a que les choses qui existent vraiment. Kotarbiński lui-même a qualifié sa position épistémologique de réalisme radical. Entre les deux guerres, Varsovie a été l'une des capitales mondiales de la logique, affirmait le grand logicien allemand Heinrich Scholz.
Parmi les mathématiciens polonais les plus connus, on peut citer Stefan Banach, l'un des auteurs de l'analyse fonctionnelle, auteur de la Théorie des opérations linéaires (1932), premier ouvrage au monde consacré à la théorie générale des espaces linéaires-métriques. Jerzy Neyman-Spława, pionnier de la statistique moderne, a collaboré en la matière avec Ronald Fisher et Egon Pearson. Ses travaux portant sur les intervalles de confiance, l'hypothèse et les études d'échantillons ont révolutionné la statistique. La même problématique a intéressé Stanisław Ulam (1909-1984), inventeur de la méthode de Monte-Carlo, simulation permettant de résoudre des problèmes mathématiques à l'aide d'échantillons statistiques. Mais il est plus connu pour avoir contribué à la mise au point de la bombe à hydrogène américaine et pour avoir conçu, avec J. C. Everett, l'Orion (plan de propulsion nucléaire des véhicules spatiaux). Zenon Mróz est connu pour ses travaux consacrés à la description des processus de déformation des matériaux. Les résultats de ses recherches sont utilisés par les plus grandes entreprises, telles que General Motors, pour calculer la fatigue des pièces d’automobiles. Ils servent aussi aux constructeurs des réacteurs nucléaires, des tours de forage et de toutes les constructions exposées aux séismes. Le professeur Zenon Mróz est conseiller du Mechanical Testing System américain.
« La Pologne est le pays qui, compte tenu du nombre de ses habitants, a apporté plus qu'aucun autre à la logique et à la théorie des ensembles. » (« There is probably no country which has contributed, relative to the size of its population, so much to mathematical logic and set theory as Poland »)
Abraham Fraenkel et Yehoshuah Bar-Hillel, « Foundations of Set Theory » (1958)
« Durant les dix dernières années, grâce à Jan Łukasiewicz, la Pologne est devenue le principal pays et Varsovie le principal centre de recherches en logique. »
prof. Heinrich Scholz, « Histoire de la logique » (1931)



