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Une pensée en avance sur son temps

Il arrive qu'une invention prenne de l'avance sur son époque. C'est ce qui est arrivé à une des inventions de Jan Czochralski, l'un des scientifiques polonais les plus connus au monde. Sa découverte est aujourd'hui utilisée dans la productions des semi-conducteurs dans les usines des plus grandes entreprises d'électronique : Intel et Motorola aux Etats-Unis, Samsung en Corée du Sud ou NEC au Japon. La méthode mise au point par Czochralski est appliquée à la quasi totalité de la production mondiale du silicium servant à la fabrication des diodes, des transistors et des microprocesseurs. En 1916, Czochralski a trouvé, par hasard, une méthode géniale d'élevage de gros cristaux de métaux et de semi-conducteurs. Ce n'est qu'en 1950 qu'elle a trouvé des applications pratiques dont l'électronique mondiale ne peut se passer. Sans l'invention de Czochralski, nous ne disposerions d'aucun de ces appareils dont les circuits en silicium constituent le cœur (téléviseurs, ordinateurs, téléphones, robots, fours à micro-ondes, horloges et montres à quartz). En 1924, Czochralski a également breveté la composition d'un nouvel alliage sans étain parfaitement adapté, entre autres, à la production des coussinets de rail. Le brevet a été acheté par les chemins de fer allemands (l'alliage portait, en Allemagne, le nom de " bahnmetal ") puis, quelques années plus tard, par l'URSS, les Etats-Unis et la Tchécoslovaquie. Les inventions de Czochralski étaient d'un intérêt plus ou moins grand. Dans l'une des méthodes d'ondulation permanente, on utilise toujours un liquide préparé d'après sa méthode. Les inventions du professeur Andrzej K. Tarkowski ont également devancé leur époque. Dans les années 1960, il a collaboré avec le docteur Anne McLaren de Grande-Bretagne, dans le cadre de recherches sur les embryons à la première étape de leur développement. Les chercheurs ont travaillé sur des souris : ils ont été les premiers à élever des embryons de souris hors de l'organisme de la mère (in vitro). Il les ont soumis à différentes expériences pour les replanter dans l'organisme d'une autre mère. Tarkowski a été le premier à démontrer qu'il était possible de stimuler le développement d'un embryon de souris, et en particulier d'élever une souris normalement constituée à partir de la moitié d'un embryon. C'est grâce à ces travaux que l'on pratique aujourd'hui le diagnostic préimplantatoire : les cellules d'un embryon élevé in vitro sont isolées et leur ADN est analysé en vue de vérifier s'il ne présente pas de mutations à risque. La possibilité de reproduction des mammifères par voie de parthénogenèse, c'est-à-dire le développement d'un organisme conçu sans spermatozoïde, est une autre découverte importante de Tarkowski. Les résultats des recherches de Tarkowski sur les souris parthénogénétiques ont été publiés dans " Nature ", l'une des revues scientifiques les plus prestigieuses, qui a publié en couverture la photographie d'un embryon étudié par Tarkowski. En 1983, Tarkowski a mis au point une méthode qui permet de combiner entre elles les cellules d'un embryon de souris par voie de fusion cellulaire avec l'utilisation de courant électrique. Treize ans plus tard, Ian Wilmut a eu recours à cette méthode pour transplanter un noyau dans une ovule de brebis, ce qui a donné jour à la fameuse Dolly. En 2002, le professeur Tarkowski a reçu le prix de la Fondation Japonaise des Sciences et de la Technique (Japan Prize), considéré comme l'équivalent du Prix Nobel.

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